Ma vie d'entrepreneure - E1 : Des histoires Nature & Chic qui durent

Mis à jour : mai 15

Voici les dessous de l'aventure N&C STORIES, la première entreprise eco-responsable que j'ai co-fondée ayant vu le jour en 2013.


La genèse du projet


Comme évoqué dans mon précédent article, mon aventure entrepreneuriale a commencé en 2012 alors que je venais tout juste d'entrer dans le monde du travail. Je commençais mon contrat au sein de la Fédération Française du Prêt à Porter Féminin à Paris quand j'ai reçu des idées, des visions sur le développement d'une entreprise eco-responsable. Mon séjour aux Etats-Unis m'ayant énormément inspiré, je me voyais devenir entrepreneure un jour ou l'autre. Cependant, à ce moment-là, je ne savais pas du tout comment m'y prendre sans argent, ni réseau. Mais la vision de développer une entreprise centrée sur la mode eco-responsable grandissait dans mon esprit. Je notais dans un document ma vision de créer un concept-store dédié à des marques ecochic. Le Urban Outfitters de la mode éthique et durable allié à l'art et au social.

La vision étant énorme, je me demandais comment la mettre en place. Après plusieurs mois, j'ai finalement rencontrer une jeune femme qui elle aussi souhaitait se lancer dans l'entrepreneuriat. Nous avons échangé nos idées réciproques et nous sommes lancées dans le développement de cette première entreprise, dont j'étais fière d'être présidente et co-fondatrice.


Nous avons commencé par une étude de marché en interrogeant plus de 300 personnes via un questionnaire en ligne. Les réponses nous ont conforté dans la décision de lancer ce projet. Par la suite, nous avons commencé à rédiger le business plan dans le but de lever des fonds. Nous voulions faire les choses en grand dès le départ. La réalité nous a remis à notre place bien évidemment. Le projet d'ouvrir un concept store de 500 à 800m2, s'est transformé par le lancement d'un concept store éphémère de 150m2 durant 3 jours sous la forme d'un pop up store. A l'époque, c'était le début des pop up store qui depuis ont envahi les villes de France. Il y a un adage connu qui dit "Dream big, start small" (rêve grand, commence petit). Et c'est ce que nous avons fait !


Concernant, le choix du nom N&C STORIES, il est d'abord né des initiales N&C de mon associée et moi. Puis, il a pris tout son sens en devant N pour Nature et C pour Chic. Allié le côté eco-responsable au côté glamour de la mode. Nous voulions tout de même apporté une touche en plus aux deux lettres. C'est à force de réflexion que le mot "stories" a germé dans mon esprit. L'objectif de cette entreprise était justement de pouvoir raconter l'histoire qui se cache derrière les marques, partager leur manière de produire les vêtements et accessoires, apporter plus de profondeur et de sens à son achat. Garder une image attractive tout en sensibilisant le public à des valeurs respectueuses de l'humain et de l'environnement.


Les premiers jalons


Nous étions en train de créer une plateforme ayant pour vocation de promouvoir et vendre des marques de mode et lifestyle ecoresponsables. Elle s'est constituée à la fois d'un magazine, d'un eshop et de concept store éphémères.


Une fois le nom choisi, nous avons fait appel à deux graphistes professionnels et reconnus dans leur domaine qui ont proposé un super logo raffiné, intemporel et design.

Parallèlement, deux professionnels du cinéma, nous ont accompagné dans la réalisation du teaser de lancement du premier concet-store éphémère en septembre 2013.



Nous avons aussi travaillé en collaboration avec une webmaster qui a réalisé un super blog/magazine tout en préparant l'e-boutique. A côté de cela, nous préparions le premier concept-store éphémère dans une galerie d'art en face de "Merci".


Nous avons rencontré de nombreuses marques pour leur présenter le concept et l'affiner au fur et à mesure. Nous avons sollicité la marque Ekyog, pionnière de la mode eco-responsable, qui s'est associée au lancement de N&C STORIES.


Le lancement sur les chapeaux de roue


Après des mois de préparation, la société a vu le jour en juillet 2013. Nous avons organisé un petit déjeuner presse en présence de la marraine du projet, Muriel Piaser, et de plusieurs journalistes et bloggers.

Le concept-store a été lancé en septembre sous la forme d'un espace hybride présentant des créateurs de mode (vêtements, bijoux, accessoires, chaussures, papeterie...), une exposition de jeunes photographes, un bar healthy proposant des boissons naturelles, des mets sucrés et salés faits maison.


Les clients pouvaient à la fois acheter sur place ou commander en ligne certains articles grâce à des iPad que nous avions mis à leur disposition. Le mobilier de la boutique a totalement été réalisé sur mesure en partenariat avec des étudiants des Beaux Arts. Nous avons aussi mis une équipe de bénévoles sur pied pour nous aider à la vente et à l'accueil des clients durant les 3 jours de l'événement.


J'étais fière de la mise en place de ce concept-store, d'avoir pu matérialiser une idée et la rendre réelle à petite échelle. Le lancement s'est très bien passé, nous avons eu beaucoup de visiteurs et même l'adjoint au maire du 11ème est venu soutenir notre initiative. Nous avons aussi eu un "coup de chance", une brocante s'est installée dans le quartier ce week-end là, ce qui nous a permis de drainer du monde et de réaliser de belles ventes.


Nous avons même eu des médias influents qui ont relayé le projet tels que Grazia et Madame Le Figaro. Nous avons obtenu un prêt bancaire pour développer l'activité. Tous les ingrédients étaient au rendez-vous pour que le projet fonctionne.





Les premiers problèmes et désillusions


Malheureusement, quelques jours après le lancement nous avons réalisé que l'e-shop ne fonctionnait pas correctement et qu'il fallait tout refaire... Grosse claque qui a créé une fissure remettant en cause notre association. En effet, à l'époque je n'avais pas du tout conscience de ce que ça impliquait de s'associer. En réalité s'associer, et surtout à 50/50 (à éviter), c'est se marier. Après comme dans tout mariage, chaque partenaire a son fonctionnement et parfois on se rend compte qu'ils sont incompatibles, mais c'est déjà trop tard, le contrat est signé. J'ai aussi pris conscience que si on s'associe, il faut absolument choisir une personne qui soit complémentaire. Okay c'est bien de trouver quelqu'un qui partage votre engouement et enthousiasme pour un projet, mais si au final par la suite, on se marche sur les pieds et on ne parvient pas à trouver sa place dans le projet, on va droit dans le mur et c'est ce qui a fini par nous arriver...


Suite à ce problème technique, n'ayant ni l'une ni l'autre, aucune compétence informatique, nous avons dû faire appel à un professionnel pour sauver le site. Au bout de 3 mois, le site était à nouveau opérationnel, mais tout le travail effectué en amont n'avait servi à rien. Nous repartions de 0. Il a fallu réfléchir à des nouvelles idées et projets pour relancer la machine. Ce genre de situation est très dur à vivre moralement et émotionnellement.


Finalement, en mars 2014, nous avons organisé un deuxième concept-store éphémère dans un loft à Paris près de l'Opéra Bastille. A cette occasion, nous avons fait appel à une agence qui nous a permis d'obtenir de nombreuses parutions pour faire connaître notre événement et avons organisé un petit déjeuner presse pour présenter les créateurs.



Ainsi, en organisant deux concept-store éphémères, nous avons collaboré avec des marques et créateurs tels qu'Ekyog, Faguo, Natural World, Grain de Brune, Arcancil, Lily Garden, Alexandra Mory-Bejar, L'Herbe Rouge, Olsenhaus, Mallow, Stanley et Stella, Les Petites Jupes de Prune, By Zia, Eternity Food&Drink, Ladies&Bees, Julie Zeitline, Julius Errol Flynn, Zuhait, bijoux ïdem, Lutécienne, Six et Sept, KdyaK, Beija, 9km, Alternative Food and Beverage (Infusion, Bionade, Marcel Bio...)


Nous avons aussi travaillée avec des partenaires comme Muriel Piaser, le Collectif étudiant Babel, le Label Oof Jais Elalouf, Emma Grady, Alfredo Salazar, Surfrider Foundation Japan, Tartines en Seine, Rodolphe Soucaret, Chris Gautchi.


Nous avons aussi obtenu des parutions presse :

Madame Figaro papier - Madame Le Figaro web - Grazia - Paulette Magazine : Pop up Store Septembre 2013 - Do it in Paris - FashionNetwork - Shoko - Paulette Magazine : Pop up Store Mars 2014


Les événements étaient plutôt réussi, nous avons testé de nombreuses choses... Malheureusement, l'association battait de plus en plus de l'aile et il devenait difficile de s'accorder sur la suite des projets. De mon côté, je souhaitais mettre en place un événement lors du Festival de Cannes ou sur une place publique à Paris. J'ai d'ailleurs été présenté à l'organisateur de marchés de Noël intéressé par le concept de N&C STORIES. Par ailleurs, je me demandais aussi comment faire évoluer la vision de l'entreprise face à un public ne connaissant que très peut la mode eco-responsable. Nous étions face à un chantier. Tout était à faire et c'était difficile de savoir par quoi commencer.

Kenzo Takada et Alix Bénézech

Parallèlement, j'ai commencé à habiller la comédienne Alix Bénézech lors de ses événements. Mon objectif était de lancer le concept de It Girl Ecochic en encourageant des artistes à porter des vêtements eco-responsables lors de leurs événements. Toucher le grand public via le divertissement me semblait pertinent pour le sensibiliser à une cause profonde, consommer mieux la mode pour limiter ses impacts néfastes sur l'humain et l'environnement.


Recommander des marques à cette artiste m'a conduit à travailler sur le projet de série TV Mirage dans lequel j'ai proposer plusieurs créateurs pour vêtir les personnages.







Malgré des débuts prometteurs, le projet N&C STORIES s'est arrêté abruptement en mai 2014, alors qu'il avait tout pour fonctionner. Les problèmes techniques de notre site internet et les désaccords entre mon associée et moi ont eu raison de notre collaboration et nous avons décidé de nous séparer. Je souhaitais conserver l'entreprise et poursuivre son développement en cherchant notamment des investisseurs, mais faute d'un accord à l'amiable entre nous, la société a malheureusement été fermée et liquidée fin 2015.


Cette première aventure entrepreneuriale fut riche en apprentissage, en découverte et surtout j'ai pris conscience que l'association telle que je l'avais expérimentée n'était pas faite pour moi. Quand on a une vision claire et nette, c'est très difficile d'évoluer avec une tierce personne qui elle aussi à ses idées et sa vision des choses. Bien évidemment, chacun apporte sa pierre à l'édifice, mais souvent dans un projet il y a un visionnaire et il doit pouvoir se sentir libre de faire évoluer sa vision comme il le souhaite sans interférence ou limitation.


Je n'ai aucun regret concernant ce projet, il m'a permis de grandir, de me former, de rebondir et surtout de faire évoluer mes idées en élargissant mon champs d'action. J'ai découvert les coulisses de la vie d'entrepreneure et j'ai vécu de grandes désillusions. Mais cela m'a permis de me recentrer et de réaliser que ce n'est pas parce que ça n'a pas fonctionné du premier coup que l'entrepreneuriat n'est pas fait pour moi, bien au contraire. C'est rare qu'un entrepreneur réussisse son entreprise du premier coup, cela demande de faire des tests, de tomber et de se relever jusqu'à formaliser un concept en accord avec ses aspirations profondes et ce qui est adapté à la société. Cette entreprise m'a apporté les plus belles leçons qui font en grande partie de moi l'entrepreneure que je suis aujourd'hui !

© 2020 par Natacha Ruiz

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